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Jérôme BENBIHI

Les digital natives révolutionnent l’entreprise

 

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La génération Y est en train de révolutionner l'entreprise. Ces digital natives, aussi appelés les enfants du numérique imposent leurs propres codes au travail et obligent à repenser l’organisation et le management. Un vrai défi pour les recruteurs qui doivent composer avec ces nouveaux salariés. Et tenter de tirer le meilleur de ces travailleurs polyvalents, créatifs, curieux, flexibles, mobiles, passionnés et autonomes.

Comment intégrer ces nouvelles générations dans les entreprises qui pour certaines, n’ont pas encore fait le pas vers la transformation de leurs organisations ?

Le concept de digital natives est apparu pour la première fois en 2001 dans l’article « Digital natives, Digital immigrants » de Marc Prensky, chercheur américain spécialiste des questions d’éducation à l’heure du numérique. Il définissait alors les digital natives comme les individus nés après 1980, avec le langage numérique (ordinateurs, jeux vidéo, internet) pour langue maternelle.

À la différence de leurs parents (les digital immigrants), qui ont dû migrer vers le numérique, les natifs numériques sont quasiment nés avec un ordinateur dans les mains. Ils s'adaptent rapidement, et sont parfaitement à l’aise avec les smartphones, les tablettes numériques et autres ordinateurs portables, même, ils ne peuvent pas s’en passer. Ils savent chercher et trouver l'information qu'il leur faut.

Les digital natives préconisent de nouveaux modèles où les systèmes de management et d’organisation éclatent passant de la subordination à la collaboration. La génération Y ne peut pas obéir à un ordre qu’elle ne comprend pas. Y se prononce « why » en anglais, c’est-à -dire « pourquoi » ? L’enfant du numérique ose poser des questions à son patron, cherche un sens aux missions qu’on lui confie. Ce que recherche la génération Y c’est le sens de ses activités et la qualité de vie au travail. « Les jeunes veulent s’accomplir avant de réussir, aspirent à la flexibilité plus qu’à la sécurité, recherchent l’exemplarité avant le statutaire » souligne Emmanuelle Duez, fondatrice du cabinet de conseil The Boson Project. L’entreprise doit être une bonne référence pour une carrière future. Impatients et exigeants, ils ont horreur de s’ennuyer, ou de se sentir sous-utilisés. Ils peuvent donc facilement partir vers des projets plus inspirants ou plus gratifiants.

Les Y revendiquent le droit à l’erreur et la volonté d’entreprendre. Ils aspirent à une organisation s’appuyant sur un maximum de flexibilité (dans ses lieux, ses horaires, ses organisations, ses modes de management).

Pour eux, le bonheur au travail est un élément clé.  S’ils ne sont pas heureux, ils le disent. Et si l’entreprise ne réagit pas, ils partent. Cette génération rejette en bloc les modes d’organisation qui lui paraissent dépassés…

D’après une étude menée par Deloite en 2015, 70% des générations Y et Z ne s’identifient pas au modèle traditionnel de l’entreprise et se verraient plutôt travailler à leur compte. Ils perçoivent les entreprises actuelles comme peu innovantes, trop centrées sur le profit à court terme et peu concernées par le développement personnel de leurs salariés. « Ils ne croient plus à ce qu’affirment les entreprises sur elles-mêmes, ils ne croient que ce qu’ils voient, et ce que leur communauté en dit. » ajoute Jean-Noël Thiollier, DRH du groupe de communication Dentsu Aegis en France.

Les RH ont cru un moment que les jeunes allaient tôt ou tard « se faire » au monde de l’entreprise traditionnelle et verticale, mais à force de recevoir des démissions en rafales, ils prennent conscience que c’est à eux de faire évoluer le modèle managérial, qui est en train de craquer.

Actuellement, la génération Y représente 50% de la population mondiale. Elle représentera, selon une étude de Deloitte et du Brookings Institute, 75 % des actifs dans le monde d’ici à 2025 et 50% d’ici 2020.

Une adaptation des entreprises est donc nécessaire, elles ont tout intérêt à repenser leurs schémas traditionnels de management, de gestion du temps et de gestion des ressources humaines.

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