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Jérôme BENBIHI

Les salariés face au choc digital 

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Les nouvelles technologies ont considérablement bouleversé la manière dont nous travaillons et celle dont les entreprises envisagent la gestion de leurs affaires : intelligence artificielle, smart data, web analytics, open data, dématérialisation, applications, réseaux sociaux...

« Une lame de fond est en train de modifier en profondeur les fondements de la relation client et l’organisation des entreprises dans de nombreux secteurs : distribution, banque et assurance, télécoms, hôtellerie, santé, services... », constatent Anne Madelin et Rémy Oudghiri, de la société Sociovision, auteurs de l’étude « Les salariés sont-ils devenus obsolètes ? », 2016. Le choc digital constitue aujourd’hui une réalité qui concerne tout le monde. Doit-on s’inquiéter ? D’après le World Economic Forum, 5,1 millions d’emplois seront supprimés d’ici à 2020. Et le cabinet Roland Berger estime la suppression de 3 millions d’emplois en France d’ici à 2025. Les salariés vont-ils devenir obsolètes ? 

Une autre étude de 2016 (Santé & bien-être des salariés, performance des Etudes, Malakoff-Médéric) a relevé que 22% des salariés ont peur d'être dépassés par les nouveaux outils et les changements technologiques.

Par conséquent, face à cette accélération du rythme des innovations, les entreprises se doivent d'anticiper et d'accompagner au mieux les salariés.

C’est notamment l'étude de la Sociovision (société spécialisée dans la transformation digitale des entreprises) « Les salariés sont-ils devenus obsolètes ? », qui s’intéresse de près à la réaction des salariés face à cette mutation qu’on compare à une nouvelle révolution industrielle. Premier constat : les employés se sont largement approprié les nouveaux outils technologiques mis à leur disposition. 59% apprécient de pouvoir gérer leur vie professionnelle et privée, à tous moments de la journée, peu importe l’endroit où ils se trouvent. 49% apprécient la souplesse des espaces de travail. 48% des salariés pensent qu’être sur un réseau social professionnel est aujourd’hui indispensable pour sa visibilité professionnelle.

Les résultats de cette enquête ont mis en avant quatre profils d’employés, quel que soit le type d'entreprise ou le secteur :

- les leaders enthousiastes (17%) : ce sont principalement des cadres, des managers et des chefs d’entreprise. Ils sont très favorables aux transformations digitales, ils maitrisent bien les nouvelles technologies et sont conscients de leurs bénéfices pour l'entreprise. « Parfois aveugles aux difficultés des autres, les entreprises ont tout intérêt à leur faire prendre conscience de leur rôle d’accompagnement et de transmission aux autres salariés », recommandent Rémy Oudghiri et Anne Madelin.

- les dépassés (28%) : moins diplômés, ces salariés sont plus inquiets de leur avenir. « Guettés par le pessimisme et l’isolement, ils ont vraiment besoin d’être accompagnés et aidés pour faire le point sur leurs connaissances et leurs compétences, si possible se former, voire se réorienter », commentent les experts de Sociovision.

- les Geeks frustrés (19%) : très intéressés par des pratiques innovantes mais, ils en connaissent aussi les inconvénients : les risques pour la vie privée, les difficultés à se déconnecter… « Leur potentiel n’étant pas forcément mis en avant dans leur entreprise, ils souffrent de ne pas être considérés en interne et de ne pouvoir se stabiliser professionnellement. Et pourtant, véritables leaders culturels, ils ont tout intérêt à être identifiés, impliqués dans l’accompagnement de la transformation, et valorisés », conseillent Rémy Oudghiri et Anne Madelin.

- les désinvestis (26%) : peu impliqués dans les transformations sociétales actuelles, ils sont réfractaires aux changements. Leur usage des nouvelles technologies reste très basique, et ils montrent peu d’intérêt pour les possibilités qu’elles ouvrent. « Ces salariés plutôt tranquilles sont une population à risque dans certains secteurs menacés. Une prise de conscience est nécessaire pour qu’ils se réinvestissent », remarquent les auteurs de l’étude.

Le monde du travail vit de profonds bouleversements qui sont autant de défis pour les entreprises qui doivent apporter des solutions pour un meilleur équilibre. « C’est l’occasion de revaloriser le lien à l’entreprise et d’alimenter la fierté d’appartenance… tout en évitant une casse sociale », concluent les experts. 83% des Français estiment qu’il est indispensable que les entreprises renforcent les compétences des salariés en nouvelles technologies. C’est un besoin urgent qui s’explique d’autant plus par la transition de toute l’économie vers le numérique : entre le e-business et le e-marketing, les nouveaux métiers qui émergent, et qui nécessitent des compétences adaptées.

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